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 Remember [Mads]

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MessageSujet: Remember [Mads]   Dim 20 Fév 2011 - 23:25

Remember, remember, the fifth of november.

La neige recouvre tout. Elle gomme les différences, elle comble les creux et couvre les bosses. La neige rend tout noir. Elle isole les villages et les gens. Tous ceux qui ne sont pas neige eux-mêmes se retrouvent emprisonnés. Mais la neige cache un grand ennemi. Car aucun flocon ne résiste à la pluie.

Caché sous un trench-coat et un parapluie noir, Nolan regardait d'un air absent neuf hommes mûrs courir sous la pluie New Yorkaise. Leur uniforme blanc se tachait de boue à chaque motte de terre arrachée aux crampons. Les demoiselles de ces messieurs, plus aussi jeunes qu'avant, protégeaient leur maquillage sous l'auvent en hurlant des encouragements sporadiques aux mâles déclinants. Qu'espéraient-elles ? Un diner ? Un bijou ? Pouvoir éviter le sexe d'après match ? Il en devenait cynique. Le monde qui ne changeait pas le rendait fou. Où était-elle l'époque rose du Collège, les uniformes colorés rouges et verts, les pom-pom-girls en minijupes qui vous sautaient au cou ? L'innocence, le désordre et le bruit ? Les passions cachées sous les gradins. Dans ses souvenirs, une tornade n'aurait pas empêchée la foule bigarrée de venir s'entasser aux Flushing Meadows. Maintenant, même les noirs l'étaient moins. Le monde était devenu gris.

Avec un soupir, le psychiatre coinça son parapluie entre son épaule et sa tête, utilisant ses mains pour protéger la flamme tremblante d'un briquet. Il batailla un moment mais réussi finalement à coincer sa cigarette entre ses lèvres et à l'allumer. Il se redressa, s'étira, maudit la pluie et prit une longue bouffée. Cela faisait du bien !


"Monsieur. Excusez moi, monsieur ?"

Un tout jeune homme, probablement le fils de l'un des athlètes vint faire de l'ombre. Dieu ce qu'ils étaient polis à présent les enfants du Queens…

"Oui jeune homme ?"

"On peut pas fumer ici M'sieur, c'est interdit."

"Oh, mes excuses."

Laissant un sourire d'excuse naitre sur son visage, Nolan éteignit le mégot contre sa chaussure et le rangea dans un petit sac en plastique qu'il avait toujours sur lui. Les bons citoyens ne polluaient pas les rues si bien entretenues de la Nation. Et il ne laissait pas traîner son ADN partout. Méfiant, il fixa un moment le jeune qui ne voulait pas partir, jusqu'à ce que ce dernier abandonne sa mission avec un dernier regard.

Un nouveau soupir s'échappa de ses lèvres. S'il ne pouvait pas fumer, l'attente allait être monstrueusement longue. Et se faire repérer ainsi n'était pas ce qu'il avait fait de plus intelligent. Même s'il était probable que l'enfant ne retiendrait de lui qu'une silhouette entourée de fumée, même s'il n'y avait rien de répréhensible à aimer le sport national au point de supporter la pluie, c'était un mauvais point. Il faudrait qu'il se rappelle de ce détail. Pas de cigarettes aux Meadows. Maintenant, il ne lui restait qu'à attendre. Il sortit son calepin.

Il lui fallu attendre une bonne dizaine de minutes supplémentaires pour que son rendez-vous daigne se montrer. Entre temps, les sportifs du dimanche avaient laissés place à de vrais champions et les gradins s'étaient remplis. Nolan, lui, avait rempli deux pages de notes sur le comportement des cadres lors des manifestations sportives et notamment quand ils y participaient. Il en ferait peut-être une étude plus tard, toute la psychologie sociale trouvait sa justifications là. Les problèmes de dominance, les techniques de ventes, la manipulation quotidienne et la pression groupale, tout. Il leva les yeux sur sa voisine, cacha tant bien que mal sa surprise et posa son parapluie entre ses jambes.


"Vous."

Cela se passait de commentaires. Il avait demandé un messager. Pas cette messagère. Flash lui manquait.
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MessageSujet: Re: Remember [Mads]   Lun 21 Fév 2011 - 0:42

Une mission dans le Flushing Meadows. Un Révolutionnaire qui réclamait un Messager. Pas n’importe lequel : Flash aurait du être de la partie, mais il était déjà occupé. Et puisqu’ils étaient tous remplaçables, on avait appelé Mads. Parce qu’elle était libre. Parce que ceux qui s’en étaient occupés ignoraient l’histoire. Il faudrait remonter le temps. Sept ans. Une simple rencontre, un souvenir amer. Ah ça non, elle ne l’avait pas oublié. Mais elle n’avait pas le choix, hein ? On ne le lui laissait pas. Et des Révolutionnaires de ce genre, elle en voyait quasi tous les jours. Ca se faisait appeler Socrates. Ca se croyait philosophe et ça se foutait de ceux qui risquaient leurs peaux pour transmettre des messages importants. Ca ne remarquait pas la mort d’un individu, ça n’y prêtait pas attention et au final… Ca se prenait un pain. Elle ne regrettait pas. Il n’y avait aucune raison : Mads avait bien agi. Mads avait bien fait. Personne ne lui avait rien reproché. Alors c’était bien qu’elle n’avait rien à se reprocher. Ou on avait préféré se taire, parce que là-bas, chez elle, ce genre de choses était accepté sans être autorisé. Elle avait pris cette mission parce qu’elle n’avait pas eu le choix. Contrairement à d’autres, la Messagère ne refusait jamais, quitte à avoir du rab. Quitte à en faire trop. Elle pouvait bien critiquer Flash à dire qu’il abusait, elle n’était pas mieux. Les raisons n’étaient pas les mêmes. Oh et puis merde. Elle n’allait pas se mettre à réfléchir à ça. Elle n’allait pas se mettre à penser à… Elle. Mads avait pris une inspiration, s’injectant elle-même sa dose d’accélérateur. Les effets étaient toujours aussi désagréables. Peu importait. Oreillette, et c’était parti.

La pluie s’écrasait sur son visage. Chaque goutte la giflait. Sur les toits, alors que le vide s’étalait sous ses yeux, elle vivait. La voix du Messager à l’autre bout de l’oreillette résonnait dans ses tympans… Trois… Deux… Un… Go. C’était d’une précision mortelle. Pas le droit à l’erreur, pas le droit d’aller trop vite, ni trop lentement. Sinon, les caméras étaient là pour nous repérer, pour faire rappliquer les flics. Direction le Queens. Direction le Flushing Meadows, où elle retrouverait Socrates. La pluie lui fouettait le visage. Le vent soufflait. Elle avait glissé, elle s’était rattrapée de justesse pour finalement bondir et retomber sur le toit en-dessous, effectuant une roulade pour amortir la chute. Une porte avait été défoncée, elle avait pénétré dans l’immeuble. Elle était presque arrivée. Il fallait maintenant aller jusqu’au stade. Pas de toits. Un nouveau mode de transport : il faudrait utiliser le sol. Soupirant, elle l’avait maudit, pourtant consciente depuis le début qu’elle serait obligée de passer par là. Retirant son sac, elle en avait sorti d’autres vêtements, plus appropriés pour les citoyennes. Un trench-coat blanc, un béret à la mode de la Nation, une écharpe. Elle passerait inaperçue dans la masse des spectateurs. En cas de problème, ce ne serait pas très différent de sur les toits. Elle avait l’accélérateur, mais bénéficierait en plus de l’avantage de la foule. Dans la poche du manteau : un billet pour le match. Trop risqué d’entrer d’une autre manière. La Messagère avait descendu les escaliers pour se diriger vers la sortie du bâtiment, répondant poliment aux salutations des citoyens. Menteuse. Hypocrite. Elle les méprisait. Elle les enviait. Quand elle s’était retrouvée à l’extérieur, elle avait avancé lentement jusqu’à se mêler à un groupe d’individus. Un camouflage basique. Tête baissée pour qu’on ne remarque pas son visage, mains dans les poches, les effets de l’accélérateur lui permettaient de bien faire attention à tout.

Elle était arrivée. L’entrée dans le stade s’était faite sans problème. Coup de chance : on l’avait rapidement laissée tranquille. L’attention des vigiles avait été attirée par un citoyen au comportement jugé suspect. Mads était allée trouver sa place. Elle n’avait pas eu de mal. Le match venait tout juste de commencer. Discrète, elle s’était assise. Difficile de la remarquer, même en étant juste à côté. Mais elle avait attendu. Attendu qu’il relève la tête, qu’il lui adresse la parole : il allait forcément la reconnaitre. Curieuse, elle avait jeté un coup d’œil sur ses notes. Ecriture difficilement déchiffrable. Elle avait lu ce qu’elle avait pu voir. Avait ressenti du mépris. Elle en ressentait toujours. « Vous. » Mads avait relevé les yeux. Oui, elle. Difficile de ne pas lire l'ironie et la lassitude dans le regard de la Messagère. Mais elle était satisfaite. Satisfaite de la surprise. Sa présence devait bien lui être désagréable. Au moins y aurait-il une réciprocité ici. Elle avait changé. Oh oui. Enfin, elle était toujours aussi impulsive. On ne se corrigeait jamais vraiment. Mads n’avait jamais cherché à le faire. C’était sa vie de Messager. D’une certaine manière, Socrates lui avait fait réaliser bien des choses.

« Vous vous souvenez de moi ? C’est assez étonnant. »

Ironique. Elle le serait toujours. Mais pas amusée, oh ça non. Ses yeux s’attardèrent sur l’œil droit du Révolutionnaire. Elle l’avait frappé là, elle s’en souvenait. Il avait dû avoir une belle marque pendant un bon moment : l’impulsion de l’accélérateur n’avait certainement pas arrangé les choses quant à la force du coup. Mads en avait été satisfaite. Elle l’était toujours. Détournant son attention vers le terrain, elle avait réagi presque en même temps que les spectateurs lorsqu’ils avaient acclamé l’action d’une équipe, applaudissant vigoureusement, le sourire aux lèvres en citoyenne lambda. L’art de se mêler aux autres, on le lui avait appris. Elle n’était pas des meilleurs pour rien. Il n’y avait pas que la vitesse qui comptait. Retour à la réalité. Oh oui, elle se souvenait. Elle se souvenait de cette marque qu’elle avait laissée. Il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même et aux siens : l’accélérateur était leur propre produit. Elle l’aurait quand même frappé, mais il aurait eu… Moins mal ? On s’en foutait. C’était le geste qui comptait, peu importe la durée de la cicatrice. Quant au reste, elle ne s’excuserait pas. Elle ne le ferait jamais.

« Flash est occupé ailleurs. On m’a envoyé en remplacement. Je suis aussi ravie que vous de ce changement. »

Elle n’allait pas lui demander ce qu’il attendait d’elle ou de Flash : Socrates était suffisamment grand pour le faire sans y avoir été invité. Et puisqu’il estimait que les Messagers n’étaient rien d’autre que des vies à sacrifier s’il le fallait, comme beaucoup d’autres, alors il allait lui donner son ordre comme on le faisait à un soldat.

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MessageSujet: Re: Remember [Mads]   Mar 22 Fév 2011 - 12:45

« C’est bon vous avez terminé ? »

En la voyant arriver, Nolan avait senti la lassitude l’envahir. Mais à présent qu’elle parlait, l’agacement gagnait du terrain. Il avait demandé un service, pas un sermon et surtout pas venant d’une enfant idiote qui pensait que les coups étaient la solution à tous les problèmes. Oui il se souvenait d’elle. Difficile d’oublier quelqu’un qui manque de vous éborgner sans raison aucune. Il se souvenait également des circonstances de leur dernière rencontre, sept ans plus tôt. C’était l’époque de l’agonie d’Hannah. Quand ils avaient tué son esprit mais gardé son corps fonctionnel. Il y avait eu une mission, laquelle s’était bien passée selon ses critères à lui mais pas pour les messagers qui avaient perdus l’un des leur. Rien de tout cela valait une inimité de sept ans. Il ne l’avait pas tué le messager pour autant qu’il le sache. Enfin. Les adolescents étaient des êtres irrationnels et Mads ne semblait pas vouloir grandir. Restait à savoir s’il lui faisait assez confiance pour lui confier un travail. La réponse ne coulait pas de source.

Impassible, le psychiatre avait à peine regardé sa voisine et concentrait visiblement toute son attention sur le match. Il se penchait en avant lors des moments intenses, se levait et applaudissait à chaque but, sifflait les mauvaises décisions des arbitres. Il était rare de le voir aussi agité et expressif. Ceux qui le connaissaient pouvaient sans peine deviner qu’il s’agissait d’un acte mais pour les étrangers, le déguisement était parfait. Après tout, il était normal pour un américain d’aimer le baseball. Tout citoyen respectable suivait le sport et les divertissements proposés par la Nation.

Dire que le silence tomba entre les deux protagonistes serait donc inexact. Socrate n’était pas véritablement silencieux au contraire. Il se contentait d’ignorer purement et simplement la présence de sa camarade. De loin, leur court échange pouvait paraitre comme un échange poli de banalités entre deux inconnus. Introduire la suite allait être moins aisé. Pour autant qu’il veuille le faire. Il cacha un soupir dans une protestation contre l’arbitre. Bien. Il ne pouvait pas la renvoyer les mains vides après avoir demandé un messager. Il ne pouvait pas non plus exiger Flash. Si le petit n’était pas là, c’était qu’il ne le pouvait pas et le médecin avait une idée sur la raison de son absence. Mais il ne pouvait pas plus faire confiance à Mads pour les tâches délicates. Elle était trop impulsive, trop dominée par ses émotions. Et elle le détestait.


« On joue de malchance ces temps-ci. A chaque fois que l’on marque un point, il semblerait que nos adversaires arrivent à éliminer un batteur. »

Il ne parlait bien sur pas d’O’Reilly qui venait de se faire sortir. Mais ça, un observateur extérieur ne pouvait pas le deviner et c’était tant mieux. Il espérait simplement que Mads soit assez intelligente pour faire le lien car il ne lui avait pas parlé directement. Statuer à voix haute sur le mauvais temps et en profiter pour faire passer des informations étaient l’un de ses points forts. Avec les autres, il applaudit l’entrée en jeu du remplaçant puis se rassit.

« La balle est dans son camp maintenant. Soit il retombe dans l’oubli total, soit il sauve la partie. Je me demande s’il a les épaules assez solides. »

Oui bon, il était transparent mais en même temps, ce n’était pas Flash. Il n’avait aucune idée du niveau de subtilité que la gamine pouvait comprendre et il préférait bien insister sur les raisons de ses hésitations. Le nouveau batteur frappa. Fort. La balle filant vers les gradins sous les vivats de la foule. La règle était stricte. Quiconque rattrapait la balle pouvait la garder. Les gens se levaient, tendaient les mains, se bousculaient dans le chaos le plus total. C’était le moment parfait pour agir. Doutes ou pas doutes, il devait saisir cette opportunité.

Il se leva, comme les autres, pencha sur sa droite, comme les autres, rata la balle, comme les autres. Mais le papier de mission, lui, ne manqua pas la poche de sa voisine. Il ne pouvait plus reculer. Pour le meilleur ou pour le pire, il avait confié sa mission à Mads. Il se releva, les sourcils froncés, rabroua d’un ton sec son voisin de gauche qui, lui aussi, l’avait bousculé et fusilla sa voisine du regard.


« Quoi, quelque chose à dire peut-être ? »

Normalement tout était bien expliqué. Elle devait aller quelque part, récupérer un tube contenant une version modifiée d’un article scientifique sur de nouvelles vitamines supposées révolutionnaires et qui contenaient un égalisateur d’humeur à composante hypnotique. C'est-à-dire qu’il calmait les gens en les rendant docile. Faire passer le message était de la première importance. Mads devait donc prendre le tube, donner son contenu à un autre messager, peu-importait lequel finalement qui devait lui faire passer le tout à un révolutionnaire dans le milieu de la presse. Voire même le glisser directement s’il avait une opportunité. A tout prendre, il valait toujours mieux risquer les jeunes que les adultes. Ils avaient l’accélérant pour se sortir d’affaire. Eux n’avaient que leur intelligence.

Cela dit, on ne pouvait pas en vouloir aux supérieurs de ne pas compter sur l’intelligence seule des petits. Ils étaient beaucoup trop jeunes et impulsifs pour qu’on leur fasse confiance.

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MessageSujet: Re: Remember [Mads]   Mar 22 Fév 2011 - 22:36

Ca n’avait rien de drôle ou de joyeux. Pourtant, Mads souriait. Les circonstances. L’endroit où ils se trouvaient. L’attitude à avoir. Puis elle grondait, vociférait contre l’équipe adverse, sa voix rejoignant celle de la foule. Elle avait été préparée à ce genre de missions. Elles étaient peu communes, mais elles arrivaient. Alors on faisait avec. Comme tout. On devait faire avec les Révolutionnaires qui se foutaient d’eux. Elle avait laissé tomber depuis longtemps. Elle continuait parce que ça faisait des missions en moins pour les autres et qu’elle se foutait bien d’elle. Donneuse de leçon qui ferait mieux d’écouter ses propres conseils pour sa sauvegarde. Mais voilà. Elle n’en avait rien à foutre. De sa vie. Elle n’était pas dans la même case. Elle n’était pas comme eux. Elle n’était plus bercée par des idées qui avaient déjà coûté la vie de personnes chères et qui voleraient celle des autres. Flash, Crow, Coop’, Elle. C’était une question de temps. Mads s’en foutait. Ca n’avait pas la moindre importance, qu’elle reste ou qu’elle parte. Son existence était déjà détruite, perdait de son sens jour après jour. Elle ne vivait pas.

Mads n’avait même jamais vécu. Pas en tant que Mads en tout cas. Elle avait eu une famille aimante. Un père, une mère. Puis ça s’était arrêté. Elle ne se souvenait même plus de leurs visages. Elle avait vu trop de choses pour en conserver le détail. Alors que ce soit Socrate ou un autre, ça n’avait pas d’importance : il était un Révolutionnaire. Il lui avait ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Un échange qui n’avait duré que quelques secondes. Qu’elle ne regretterait pas. Les siens n’avaient pas d’importance pour lui : pourquoi en aurait-il pour elle ? Parce que c’était comme ça. Il avait été une Révélation. Le début d’un cauchemar, le retour dans une réalité floue, terrible. Alors non. Non, elle n’avait pas fini. Si elle avait pu, elle l’aurait frappé, coupant toute cette distance qu’elle maintenait avec les autres. Parce que ce n’était pas possible. Sa présence même l’indisposait, la révulsait. Ce n’était pas lui mais ce qu’il représentait. Cette indifférence acharnée, ce sacrifice qu’il autorisait, qu’il normalisait.

Elle ne lui avait pas répondu. Mads se foutait de tout. Alors de lui aussi. Logique imparable. Oh ça oui, elle avait changé. Je-m’en-foutiste parce que fragile. Impulsive parce que c’en était trop. Casse-cou parce qu’elle voulait se sentir vivre. Douée, excellente, on l’appelait souvent. Rares étaient les fois où elle restait tranquille, mais tant mieux. Elle entendait bien ce qu’il disait. Elle comprenait bien, sans réagir spécialement. La Messagère émit un rire court. Léger. Moqueur. Ironique. Il pouvait bien balancer ce genre de choses à Flash, encore réellement intéressé par le sort des Révolutionnaires. Mais Mads s’en foutait. Tout comme Nolan se foutait des pertes de son côté à elle. Aucun d’entre eux ne se sentait concerné. Pas de ceux qu’elle avait rencontrés en tout cas. Alors pourquoi le serait-elle ? « La balle est dans son camp maintenant. Soit il retombe dans l’oubli total, soit il sauve la partie. Je me demande s’il a les épaules assez solides. » Agacée, Mads le lui avait clairement fait comprendre au regard qu’elle lui avait lancé avant de reporter son attention sur le match. Sérieusement ? Il voulait jouer à ça ?

« Vous êtes con ou quoi ? »

Pour les autres, elle passerait pour une fan agacée du remplaçant. Il y avait toujours une explication logique à tout quand on se retrouvait dans les gradins d’un match de baseball. Tous les Messagers de la même branche qu’elle avaient les épaules assez larges. D’autant plus qu’on n’aurait jamais envoyé quelqu’un incapable de remplacer efficacement Flash. Enfin. Elle comme les autres étaient souvent confrontés au mépris et au manque de confiance de ceux qui se vantaient de les avoir créés, de leur avoir donné un but. Quel but. La plupart d’entre eux ne valaient pas mieux que les membres du gouvernement eux-mêmes. Trop extrémistes. Dingues. Prêts à sacrifier tout et n’importe quoi. Quel monde nom de Dieu. Encore eût-il fallu que ce même dieu existe. La balle était sortie du terrain, volant droit vers les gradins. Immédiatement, Mads s’était levée pour imiter tous les autres. Elle avait senti la main de Nolan déposer quelque chose dans sa poche. Quelques secondes plus tard, après avoir réussi à agacer un peu plus son voisin, il s’était adressé à elle. Qu’il évite de le faire de cette façon. Accélérateur ou non, il risquait sérieusement de se prendre un nouveau coup. Son poing l’avait démangée.

« Oui. » Pause. Le fixant d’une manière détachée, les mains dans les poches de son trench-coat, elle avait ajouté, quelques secondes plus tard : « La prochaine fois que vous me parlez de cette manière, vous risquez de le perdre pour de bon. »

Les applaudissements des spectateurs avaient recouvert le son de sa voix. Elle avait détourné son regard, se joignant à eux comme si de rien n’était. Elle ne permettait à personne qu’on la considère comme un pantin. Elle ne permettait à personne qu’on lui parle de la sorte. Elle faisait sa loi. Elle suivait ses règles. Il lui avait confié sa mission, elle ne lui permettait que ça. Oh, qu’il ne s’inquiète pas. Ici, rien de personnel. Enfin, plus ou moins. Mads aurait fait de même pour n’importe quel Révolutionnaire ou Messager lui ayant adressé la parole de la sorte. Qu’il la considère instable, indigne de confiance, faible, impulsive. Qu’il se fasse donc plaisir.

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MessageSujet: Re: Remember [Mads]   Sam 5 Mar 2011 - 16:12

Premier postulat, Mads comprenait ses allusions. Cela le rassurait un peu sur l’intelligence de la petite qui pourtant n’en montrait pas beaucoup. Parce qu’on avait beau dire que les messagers étaient interchangeables, honnêtement, Nolan en doutait. D’un messager à l’autre, la personnalité, le psychisme et l’intelligence changeaient. Ils étaient peut-être tous aussi rapides et entraînés (même si personne n’était l’égal d’un autre) mais ils restaient humains. Et l’humanité déteste l’uniformité. Au Gouvernement aussi ils l’apprendraient. L’Homme était fait pour être varié. Même les vrais jumeaux, pourtant génétiquement identiques finissaient par se démarquer les uns des autres. Personne n’était interchangeable. Et la meilleure preuve de ce fait était que certains messagers mourraient et d’autre non.

Deuxième postulat, Mads n’avait aucun self contrôle et pas plus de vision d’ensemble sur la situation. La violence de ses réactions en était la preuve. Elle ne semblait comprendre que le premier sous entendu et montrait un fonctionnement psychique basique, avec un Ca très développé et un idéal du Moi assez fort pour contrebalancer le tout. Le problème étant que ce genre de mélange pouvait donner une personnalité pathologique. Il aurait fallu qu’elle apprenne à accepter la censure et les interdits. Les messagers étaient parmi les gens les plus libres d’Amérique. Ils avaient leur propre pensée et tout un organisme pour les pousser à agir pour la Nation. Ils pouvaient aller où bon leur semblait et mis à part quelques travaux de temps en temps, on ne leur demandait pas grand-chose. Nolan fronça les sourcils sous la menace. Pendant quelques dixièmes de secondes, il laissa percevoir sa lassitude et son agacement. Elle avait le don de lui porter sur les nerfs avec ses idioties.


«Je vous prie d’accepter mes excuses. »

Son ton était redevenu plat, son visage neutre. Il ne le pensait pas du tout mais c’était ce qu’on attendait de lui. Il reporta son attention sur le match. Ce qui le gênait à présent c’était qu’elle n’avait pas semblé lire la mission qu’il lui avait confiée. C’était pourtant un rien plus compliqué que la moyenne et il aurait aimé avoir la certitude qu’elles ‘en sentait capable. Dans le cas contraire, il se débrouillerait autrement c’était tout. Mais si elle fonçait comme une idiote sans faire attention et se faisait prendre, alors tout le travail qu’il avait fait serait réduit à néant et cela ne lui plaisait pas vraiment. Qu’elle fasse l’idiote avec un autre Révolutionnaire si elle le voulait. Lui n’avait absolument pas l’intention de lui offrir sa dose d’adrénaline. Il voulait une mission bien pensée, bien réalisée et efficace. Contrairement à ce que l’adolescente semblait croire, faire tuer les messagers n’était absolument pas son passe-temps préféré. Chaque changement posait problème, il préférait de loin rentabiliser ceux qu’il avait déjà. Une nouvelle clameur lui donna enfin l’occasion dont il avait besoin.

« Bien, sérieusement, vous en pensez quoi ? Des questions ? »

Avec Flash, l’échange aurait déjà été fait. Avec Flash, il y aurait eu un accusé de réception quelconque, une précision à donner peut-être ou même un refus à la rigueur. Mais Flash était indisponible, probablement ennuyé à cause de l’histoire Donnovan. En y réfléchissant, c’était peut-être pour cela qu’il se sentait aussi susceptible aujourd’hui. Pas parce qu’on avait envoyé Mads mais simplement parce que ce n’était pas SON Messager et qu’il se doutait bien de la raison de son absence. Il avait du mal à l'admettre mais il se sentait un peu inquiet. Et non, pas pour le gamin qui partageait sa vision de ce qui était nécessaire et de ce qui ne l'était pas, pour sa mission. Parce que s'il se faisait prendre et exécuter, former un remplaçant allait prendre beaucoup de temps. Un délai qu'il ne pouvait pas se permettre d'avoir. Nolan Anderson avait un agenda très strict.
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