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 Look who's here [Mads]

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❈ ARRIVÉE : 20/02/2011



MessageSujet: Look who's here [Mads]   Lun 21 Fév 2011 - 0:56

Crissement léger des pieds de la chaise de bureau, froufrou du contact des tissus, mouvement en glissade vers l’arrière. Une façon élégante de dire que Joshua pose ses fesses. Les yeux fermés le Messager se reposait. Enfin il était bien éveillé, mais il se détendait. Ses pieds frôlèrent le sol, le faisant rouler quelques mètres. Un petit coup bien placé et il se mit à tourner sur lui-même. Il avait cette sensation tellement étrange que même son esprit dansait. Toute son âme tournoyait, jusqu’au plus profond de lui-même. Lorsque sa chaise se stoppa naturellement, sa tête se laissa choir le long de son épaule. On aurait pu croire qu’il était mort mais un petit souffle s’échappait avec une finesse d’entre ses lèvres.

Ses cheveux masquaient une partie de sa figure, mais sa bouche était visible. Un plissement se lisait au coin de sa bouche. Comme cela le lui arrivait si souvent quand il pensait se détendre, ses démons du passé venaient le hanter. Il la revoyait, encore et encore, si belle au premier jour, et si défaite dans ses derniers instants. Il frissonnait à ces pensées, et une ride vint s’échouer sur son front, exprimant l’inquiétude qu’il tentait de masquer. Il avait passé sa journée à produire de l’accélérateur, il était à un niveau de qualité tout à fait perfectible aussi il s’exerçait avec une vigueur inébranlable, déterminé à produire des doses aux effets nécessaires mais en limitant la casse au niveau organisme. La tâche n’était pas simple, mais l’enjeu dans son esprit était énorme.

Dans le tourbillon de son cerveau, un bruit résonna. Il lui sembla entendre des pas non loin. Ses paupières se soulevèrent avec une hâte étonnante compte tenu de son petit ballet avec sa chaise. Sa respiration reprit un rythme normal. Il poussa un bon coup sur le bout de son pied pour s’envoyer jusqu’à son bureau, et posa avec une nonchalance insolente les pieds dessus. Il considérait ce labo comme son domaine alors il n’allait pas faire de manière, pour qui que ce soit.

Néanmoins, histoire de se la péter un peu, il attrapa un stylo et une feuille de santé, faisant mine de bosser depuis des heures. La « détente » reviendrait plus tard. Il esquissa un petit sourire amusé en voyant la photo qui trônait dans le coin de la feuille. Et ce petit surnom de quatre lettres. Par un hasard des plus facétieux la personne concernée par ledit document allait faire son apparition. Joshua ne pourrait bien évidemment s’empêcher de relever l’ironie des choses, avant de se dire que me veut cette cinglée. Non décidément il n’entretenait pas de bons rapports avec la personne en question. Mais il se la coltinait en patiente point barre.
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❈ ARRIVÉE : 22/01/2011

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MessageSujet: Re: Look who's here [Mads]   Lun 21 Fév 2011 - 12:11

« C’est bon, c’est bon. J’y vais. »

C’était agaçant. Enervant. Que tout le monde soit toujours sur son dos était loin de lui plaire. Mais depuis sa chute, ils agissaient tous de cette manière. « Ca va ? » « Tu te sens bien ? » « N’en fais pas trop quand même. » Elle était remise depuis déjà quelques mois et… Ca continuait. Pour certains. Elle était déjà obligée d’aller à l’infirmerie pour des contrôles de routine, histoire de voir si tout allait bien, mais on l’encourageait à s’y rendre quand il n’y avait rien de grave. Elle revenait tout juste de mission. Elle avait fait un faux mouvement et s’était légèrement tordue la cheville. Rien de grave. La preuve : elle avait pu continuer sans être gênée. Elle avait pu continuer et finir sa mission sans problème. Mads avait même échappé à quelques flics comme elle savait si bien le faire. Un saut, un autre, une roulade, un bond… Elle avait escaladé, était redescendue, défoncé une porte pour monter des escaliers, s’était infiltrée dans le réseau d’aération, était retombée dans un couloir, avait remonté des escaliers pour se trouver sur le toit et elle avait pu rentrer tranquillement. Merci l’oreillette. Une fois de plus. Dans l’opération, sa cheville ne l’avait pas gênée. Mais il fallait quand même qu’elle aille voir Josh, parce qu’on ne savait jamais et blablabla… Extrêmement chiant. Elle était la seule à avoir le droit de se préoccuper de sa santé. Sauf qu’elle allait devoir rendre une petite visite à Josh’ parce que Coop’, Elle, Flash et d’autres le lui avaient dit et répété. Et parce qu’ils avaient pensé que la pilule passerait mieux, ils avaient ajouté que par la même, elle pourrait chercher les doses d’accélérateur qu’il était sensé avoir faites pour pouvoir fournir d’autres QG éparpillés un peu partout dans Brooklyn. Au moins ça, c’était une bonne raison. Et ce serait la principale pour elle. Il ferait attention à sa cheville trois secondes, le temps de voir que tout allait bien, il ferrait le bilan et basta. Puis elle prendrait les doses et se casserait.

Ce n’était pas que la Messagère n’aimait pas Joshua. Mais elle ne l’appréciait pas. Sa présence était difficilement supportable, parce qu’elle avait été forcée d’y être confrontée pendant toute sa convalescence. Ah ça, Mads n’était pas prête à oublier les semaines qu’elle avait passées dans cette infirmerie, allongée parce qu’elle y était obligée. Il l’avait sauvée. Elle aurait du lui en être reconnaissance, mais elle en était presque frustrée. Elle ne l’admettrait pas. Devant personne. Elle ne voulait même pas l’accepter elle-même. Elle en était consciente, mais elle le rejetait. Et Joshua était le mieux placé pour le voir, pour l’avoir vu et pour le savoir. Chose qu’elle ne tolérait pas. Mais tant pis. Elle était entrée dans l’infirmerie. Elle l’avait vu, ce type aux allures de catcheurs qui préférait exceller dans les soins. Elle le connaissait. Elle savait son histoire. Enfin… Elle connaissait l’épisode Raven. Ca lui suffisait. Elle ne s’apitoierait pas sur lui. Mads ne s’apitoyait plus sur personne. Les pertes étaient fréquentes dans leurs rangs. C’était triste à dire, mais mieux valait vite s’y habituer. Elle l’avait apprécié, cette fille. Presque considérée comme une amie, parce que son esprit de compétition était un point qu’elle avait eu en commun avec elle. Elle était morte. Fin de l’histoire. Ils en perdaient tous. Ils étaient tous confrontés aux pertes. Et cette histoire « d’amour », elle ne l’avait jamais approuvée. C’était stupide. D’entretenir des relations de ce genre. Ca n’avait pas de sens. Mads n’avait jamais compris.

« Salut Doc’. »

Le surnom n’avait rien d’affectueux. Ni son contraire. Elle était neutre. Oh, il y avait bien quelques prises de bec. Ou plutôt : Mads avait déjà essayé de l’embrouiller, mais son humour et sa bonne humeur apparente étaient parfois de véritables murs. C’était chiant. Elle ne comprenait pas. Ca ne servait à rien de faire ça. Inutile. Ca ne servait à rien de cacher sa peine. Elle l’avait déjà vu. Il ne s’en était probablement pas rendu compte, mais Mads l’avait plusieurs fois surpris. Dans ses phases d’inquiétude. Dans le fond, elle n’était pas mieux. Sauf qu’elle n’avait jamais joué les Messagère de bonne humeur. S’asseyant directement sur ce lit dans lequel elle avait été allongée pendant plusieurs semaines, son regard s’était posé sur son collègue. Ils n’étaient pas dans le même domaine, mais chacun était bon. Elle respectait sa « profession », si on pouvait la nommer ainsi.

« On m’a soûlée pour que j’vienne te montrer ma cheville. Je l’ai un peu tordue, mais y a rien. Donc en trois secondes ça sera réglé. Et je suis encore sous accélérateur. »

Elle était revenue un quart d’heure plus tôt. Les effets allaient bientôt disparaître. Il n’y en aurait plus pour longtemps. Quant à sa cheville, elle ne mentait pas. Tout le monde était simplement trop attentif. Mads avaient retiré sa chaussure. Pas pour lui éviter de le faire lui-même, mais parce qu’elle n’appréciait pas le contact. Ce qui expliquait d’ailleurs que se faire soigner – pour rien – était loin de lui plaire. Tant pis. On ne lui avait pas trop laissé le choix.

« T’as fini les doses ? On devra aller en amener aux QG qui nous ont signalé des manques avec les autres. »

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MessageSujet: Re: Look who's here [Mads]   Lun 21 Fév 2011 - 23:38

Pas mal de monde avait trouvé que Raven et lui déconnaient, et sur le principe, Joshua devait malheureusement avoué qu’ils avaient raison. Le métier était trop risqué, il avait joué avec des flammes et avait oublié qu’il ne les contrôlait pas. Bon on fait tous des conneries, certains plus que d’autres, mais Joshua regrettait que ça ait couté la vie à l’amour. Cela avait laissé des plaies que toute la médecine du monde ne pourrait soigner. Mais comme tous avaient tendance à le faire il masquait sa peine. Qu’on ait pu le surprendre dans cet état ça ne le perturbait pas outre-mesure. Il n’attendait pas de compassion de la part de qui que ce soit. Il n’en voulait tout simplement pas. Il refusait l’idée qu’on ait mal pour lui, qu’on s’inquiète pour lui. Cela tombait bien personne ne le faisait. Ils avaient chacun leur lot d’horreurs, et ils vivaient, non je dirais plutôt survivaient avec. Joshua avait bien conscience que dans ce milieu les disparitions étaient si fréquentes qu’elles en devenaient d’une banalité désolante, mais il avait laissé ses sentiments prendre le dessus. Il ne voulait pas oublier. Il ne voulait pas qu’elle soit oubliée, tant qu’il pensait à elle, son image serait présente. D’où qu’elle soit il voulait son pardon, il voulait qu’elle voie tout de lui. Alors il cultivait avec soin les apparences. Peu lui importait qu’on le prenne pour un lâche pour ça, il ne comptait pas changer sa façon d’être. Oui tout ceci pouvait sembler ridicule et futile, mais il faisait. A force c’était devenu un automatisme, sa façon de faire était presque devenu sa petite drogue, il avait besoin de ces instants face aux autres, à leur adresser de grand sourires, il ne connaissait pas d’autre manière de gérer sa vie. Alors il s’en accommodait.

Il avait failli éclater de rire quand on lui avait annoncé que Mads devait venir le voir. Miracle avait-il songé, mais soyons sérieux avait-il demandé qui l’a convaincu ? Toute la petite bande ? Ça ne le surprenait pas, il se doutait que par nature Mads avait plutôt tendance à l’esquiver autant que possible. Il se demandait parfois si elle n’y mettait presque pas autant d’énergie que dans ses missions. Mais il l’admettait, ils avaient été trop proches pendant un moment. N’y voyez-là aucune idée quelconque, il s’était contenté de lui sauver la vie. Changer les perfs quand elle était dans le coma, surveiller ses constantes, elle lui avait demandé pas mal d’attention. Ce n’était pas étonnant que des deux côtés ils n’aient pas envie de se côtoyer souvent. Mais d’un point de vue médical, Joshua connaissait bien Mads, sans se douter qu’elle le connaissait mieux qu’il ne le pensait alors il la prenait en charge. Il se rappelait encore de ce jour-là, il avait eu un boulot monstre à la « réparer »mais ça valait le coup. Ils étaient doués chacun dans son domaine et Joshua doutait qu’on remplace Mads avec autant de facilité qu’on pouvait le faire pour les autres, elle était en quelque sorte la conscience des Messagers, et même si l’entente n’était pas au rendez-vous le respect si. Et puis tout simplement, enfin si l’on peut qualifier cela de simplement, parce que Joshua avait juré de les soigner, tous autant qu’ils étaient, il voulait les aider. Qu’ils aient envie de son aide ou non ça n’avait pas d’importance, Joshua ne leur demandait pas leur avis. Mais avec Mads ce n’était jamais simple…

Bon voilà qu’elle se ramenait. Il s’étira doucement faisant légèrement craquer quelques articulations qui auraient bien aimé un peu de sport. Il était vrai que physiquement il était assez loin du docteur un peu maigrichon avec sa paire de lunettes toute fines qui donnaient l’impression qu’un éternuement allait les envoyer voler (et le doc’ avec). Il l’écouta, il arborait une attitude un peu distraite mais il assimila chaque phrase. Encore heureux qu’il ait une bonne ouïe parce qu’avec l’accélérateur quand elle parlait celle-là c’était la joie. Comme d’habitude il râlait intérieurement. Pour le principe quoi. Rien du tout ? Il n’en était pas convaincu, il trouvait que l’accélérateur avait tendance à diminuer les perceptions de douleur, et puis l’avis de Mads, si elle avait pu parler dans son coma elle lui aurait certainement dit qu’elle pouvait repartir en mission. Tête de mule, va pensa en souriant un peu plus Joshua. Il se leva et d’un pas presque mécanique à force d’habitude alla jusqu’au lit. Il palpa en douceur la cheville de la jeune femme, puis se redressa et ouvrit une armoire à pharmacie.


« Rien du tout. Rien du tout. C’est vite dit. Je sens que tu vas détester ce que je vais te dire mais va falloir que tu prennes le temps de te reposer, si tu retournes faire des galipettes ta cheville tiendra pas le coup cette fois, accélérateur ou non. »

Il lui envoya un sachet de glace à se poser sur la cheville, il sortit une bande, aussi. Une fois qu’elle aurait reposé un peu son membre il lui immobiliserait la cheville. Avec un petit sourire en coin, il songea que ça n’allait pas améliorer leur rapport de voisinage. Mais qu’elle voit le bon côté de la chose, si elle se l’abîmait pour de bon à courir partout, cela serait bien plus long à soigner. Alors que là c’était l’affaire de quelques jours même pas. Par souci professionnel il lui installa un appareil près d’elle, cela lui permettrait de mesurer si tout allait bien tandis que l’accélérateur allait cesser d’agir. Il n’avait jamais vu Mads avoir trop de soucis avec ce passage, aussi désagréable soit-il mais cela pouvait être la fois où. Et ce n’était pas un risque qu’il souhaitait prendre. Le bon prétexte songea-t-il en l’entendant parler des doses. Pas de soucis il les avait préparé avec soin, et étaient tout à fait utilisables. Cela ne l’empêchait pas de s’exercer en dehors, comme une sorte de passe-temps à essayer de le perfectionner. Il plongea son regard dans le sien, la discussion sérieuse était lancée.

« Elles sont prêtes. Mais je te conseille dans l’immédiat de confier ça à quelqu’un d’autre, accorde-toi quelques jours de répit. »
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MessageSujet: Re: Look who's here [Mads]   Mar 22 Fév 2011 - 17:23

Elle n’avait pas envie de rester bloquée ici. Pas seulement dans cette infirmerie, mais dans le QG. C’était trop de souvenirs désagréables. Elle s’en serait bien moquée. Avant. Avant sa chute, avant son réveil, avant qu’on lui dise qu’elle allait être coincée dans son propre corps, puis dans cet endroit qu’elle devait considérer comme chez elle pendant un moment. On coupait les ailes de l’oiseau, on l’avait empêché de voler. On l’avait mis en cage. Cette pièce, c’était tous ces souvenirs. S’y trouver, c’était s’en rappeler. Voir Joshua, c’était les revivre. Ca expliquait beaucoup de choses. Alors voilà. Ca n’était pas qu’elle ne l’aimait pas, mais elle ne l’appréciait pas. Elle n’appréciait pas de se retrouver en sa présence. Les premiers jours suivant son réveil, elle ne lui avait rien dit. Elle n’avait rien dit à personne. Blasée, vide. Elle s’était sentie vide. Le trou béant qu’avait causé ce regret inadmissible n’avait cessé de grandir depuis. Les toits, ses missions, ses petites escapades en-dehors, c’était son moyen de l’oublier. De vivre. Elle en avait plus besoin que jamais. Elle restait parmi eux pour protéger ceux qu’elle aimait. S’ils n’avaient pas été là, Mads ne serait jamais rentrée. Elle continuerait de courir sur les toits sans s’arrêter ou son corps mort girait quelque part. Elle était paumée, détruite. Et elle ne supportait pas qu’on puisse le voir, le deviner. Extérieurement, elle semblait toujours la même, ce qui n’était pas non plus très réjouissant parfois. Grande gueule ironique qui se foutait de tout, même d’elle, on la trouvait dure, parfois insensible, d’autres fois complètement inconsciente. Mais comment agir autrement lorsque l’on n’avait plus peur de rien ? Elle était le soldat parfait. Celui qui allait jusqu’au bout de ses missions, peu importent les risques, parce qu’elle n’avait plus rien à perdre.

La Messagère avait attrapé le sachet de glace en plein vol, visiblement agacée par ce que le Doc’ lui avait dit. « Rien du tout. Rien du tout. C’est vite dit. Je sens que tu vas détester ce que je vais te dire mais va falloir que tu prennes le temps de te reposer, si tu retournes faire des galipettes ta cheville tiendra pas le coup cette fois, accélérateur ou non. » Sa tête s’était laissée retomber en arrière dans un soupir tandis qu’elle avait posé le sachet sur sa cheville. Il se foutait d’elle, c’était pas possible. Mads avait fait d’autres missions en étant plus blessée que ça. Il suffisait de faire plus attention que d’habitude. Soupir. D’autant plus que les autres allaient l’empêcher de repartir.

« C’t’une blague Doc’, tu te fous de moi ! Combien de temps ? »

Evidemment. Parce que pour une cheville qui n’avait rien de grave, loin de là, Mads trouvait qu’il exagérait. Comme tous les autres médecins. Comme n’importe qui d’autre qui lui aurait rendu le même diagnostic. On ne pouvait pas s’attendre à ce qu’elle le prenne bien. Elle voulait de la précision. Quelques heures, une journée, plusieurs ? Elle ne supportait plus de rester plusieurs jours d’affilée dans ce qu’elle considérait parfois, souvent, comme une prison. Le Doc’ comprendrait. D’une certaine manière, ils parvenaient à s’entendre. Ca n’avait rien à voir avec une quelconque affection. Quant à la dite compréhension, elle n’irait pas plus loin que ce que Mads voulait. Mais vu le temps qu’ils avaient été contraints de passer ensemble, ils se connaissaient plus qu’elle ne l’aurait accepté. Raison de ce rejet quasi-constant de Joshua. Il y avait aussi cette autre barrière. Raven. Elle les rapprochait autant qu’elle les séparait. C’était étrange d’en arriver, parfois, à cette question dérangeante. Devait-elle se considérer comme responsable ?

Les doses étaient prêtes. La Messagère avait relevé la tête, prête à repartir. Mais les mots du médecin l’avaient agacée, une fois de plus. « Elles sont prêtes. Mais je te conseille dans l’immédiat de confier ça à quelqu’un d’autre, accorde-toi quelques jours de répit. » A nouveau, elle avait soupiré en levant les yeux au ciel. C’était quelque chose qu’elle ne supportait pas chez les médecins. Chez ceux comme lui. Toujours en train de donner des conseils, de dire qu’il valait mieux éviter de faire telle ou telle chose. Leur arrivait-il de se dire que comme eux, les oiseaux des Messagers n’avaient pas le choix ? Ils faisaient en fonction des effectifs. Tout le monde avait quelque chose à faire. Les absents étaient en mission, les autres avaient une tâche bien précise qui ne permettrait pas de remplacement. Et elle n’avait pas envie de se retrouver derrière l’oreillette ou à soigner un autre parce qu’on l’aurait remplacée. Quelques jours de répit… C’était trop. Là où certain auraient pu être soulagés, voire même heureux, elle les refusait, les rejetait avec mépris et dégoût. Elle ne voulait pas de « quelques jours de répit ». Pas entre Coop’ qui faisait encore et toujours n’importe quoi, Crow contraint de le remplacer, Flash et ses histoires de meurtre de Donovan et le programme visant à éradiquer les Messagers. Pour une simple cheville ? Stupide. Elle n’avait besoin des conseils de personne, juste de soins rapides. Elle déciderait du reste.

« Pas possible, tout le monde est occupé. J’vais devoir y aller, dommage ! »

Ironique parce qu’elle savait que Joshua ne trouverait pas son excuse valable. On pouvait bien l’obliger à se faire remplacer tandis qu’elle prendrait le poste d’un autre à l’oreillette ou aux soins. Mais elle avait de l’influence ici. Peu de personnes s’amusaient à la contredire. Elle était trop caractérielle pour qu’on puisse avoir le dernier mot. Il n’y avait qu’à voir ses prises de bec avec Coop’. Leurs disputes s’entendaient parfois dans tout le QG. Elle s’en foutait bien. Sueur froide. Mads avait frissonné, signe que l’accélérateur cessait de faire son effet. Prise de vertiges, comme à chaque fois, comme pour tous, elle avait fermé les yeux. Ses organes semblaient à présent fonctionner au ralenti. Normal, elle s’était habituée à la vitesse accélérée de ces derniers, due aux injections. Dans ces moments-là, il lui arrivait de penser à elle. A Raven. Qui était morte, en partie à cause du produit. Parce qu’elle en avait abusé, parce qu’elle n’avait jamais su quelles étaient ses limites à toujours vouloir dépasser tout le monde. Y compris Mads. Surtout Mads.

« J’y pense aussi. Dès fois. »

Il n’y avait pas de regret dans sa voix, ni même de la compréhension pour Joshua. Elle en avait perdu trop. La peine avait laissé sa place à un trou béant à présent, dernière barrière protectrice qu’elle avait fini par se trouver avec les années et l’expérience.

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